Pourquoi je nage à 35 ans
Reprendre le sport à l'âge adulte n'a rien d'évident. Pendant des années, j'ai laissé le sport de côté, et mon dos me le rappelait régulièrement : raideurs le matin, tensions dans les lombaires après une journée passée assis. La natation s'est imposée presque naturellement. Pas d'impact, pas de choc, le corps porté par l'eau. En quelques semaines de bassin, mon dos s'est détendu et j'ai retrouvé une mobilité que je pensais perdue pour de bon.
Il y a aussi le souffle. Lors de mes premières longueurs, je m'arrêtais tous les 25 mètres, essoufflé, le cœur qui tape. Aujourd'hui, j'enchaîne les longueurs sans y penser, et cette capacité respiratoire se ressent partout : dans les escaliers, en marchant vite, en parlant longtemps sans reprendre mon souffle.
Et puis il y a le sommeil et la tête vide. Après une séance du soir, je dors profondément, sans réveils. Dans l'eau, impossible de ruminer : on compte les longueurs, on se concentre sur la respiration, on écoute le bruit des bulles. C'est ma façon à moi de faire le vide, et c'est sans doute ce qui me fait revenir au bassin semaine après semaine.